Comme promis, le cadeau de Valérie Bonenfant…

« L’envie d’écrire » de Valérie Bonenfant.

-« Hey ! Qui es-tu, toi, l’envie d’écrire qui m’habite quelques fois. D’où sors-tu,
D’où viens-tu, et pourquoi surgis-tu ainsi sans prévenir, au moment pas toujours opportun ?
-« … »
-« Ah OK, je vois que tu n’es pas trop bavarde… Discrète, l’air de rien… Et pourtant des choses à dire, tu en as !
Il n’y a qu’à te voir courir, sur le papier quand tu es partie ! A peine si le stylo arrive à te suivre !
Dis, tu ne voudrais pas m’expliquer un peu…
Que j’ai l’air moins bête quand on me demande d’où viennent toutes ces histoires,
et que je ne sais pas trop quoi répondre… »
-« … »
-« Un besoin pressant, oui ! Un de plus pour moi par rapport à ceux que connaissent les hommes et
les femmes normalement constitués… Hum, je t’ai connue plus poétique…
Une nécessité vitale, comme l’air que l’on respire…
Ah, c’est déjà mieux ! Et puis, c’est vrai, il y a de ça !
J’aime bien quand tu arrives, le problème, c’est quand je ne peux te donner satisfaction tout de suite…
Ben oui, figure-toi, cela m’arrive d’être occupé, de ne pouvoir répondre sur l’instant à ton appel, et alors,
qu’est-ce qu’il se passe, hein, que se passe-t-il ?
-« … »
-« Ah, tu fais moins la fière, là, hein ? Hé bien, je vais te le dire, moi, ce qui se passe : tu boudes !
Oui, et quand je reviens vers toi, rien à faire ! Mademoiselle fait sa tête des mauvais jours, et ne veut plus dire un mot :
trop tard, ce n’est plus le moment, tu n’as plus envie… Hum, c’est ton côté féminin cela, un brin compliqué…
Si si, je peux le dire, pas facile de faire avec toi tous les jours ! »
-« … »
-« Mais ne te fâche pas ! Tu sais bien qu’au fond, je t’adore ! Oui là, je te le dis :
je t’ai dans la peau, tu es partout en moi, tu m’habites…
Même mes nuits parfois te sont consacrées, moi qui aime tellement dormir,
te rends-tu compte de ce que tu me fais subir parfois ? »
-« … »
-« Je sais, ce n’est pas ton problème. Je suis ton humble serviteur, et certes heureux de l’être.
Mais un peu de souplesse parfois… »
-« … »
-« Quoi, c’est ta liberté ? Tu n’aimes pas les obligations ? Comme cette fois où je t’avais fait passer une commande et
où tu n’avais pas voulu m’aider… Si je m’en souviens : quel travail pour moi ! Impossible d’écrire quelque chose de correct !
Je sais, les ordres, ce n’est pas pour toi !
Même pour moi qui suis proche de toi, je m’en suis rendu compte, je ne peux rien te demander…
Que veux-tu, depuis le temps, je sais et je fais avec : je prends ce que tu me dis comme ça vient, sans juger
(même si je t’avoue que parfois, ce que tu écris, me surprend, oui, moi le premier !).
Une drôle d’aventure que je vis là avec toi !
Moi qui pensais être plutôt tranquille, je me suis découvert grâce à toi une âme d’explorateur :
n’hésitant pas à affronter l’inconnu, défrichant des territoires non conquis, fouillant la jungle des mots,
me guidant à l’instinct, accueillant tout ce qui se présente avec confiance et sérénité…
Je n’ai pas beaucoup voyagé dans ma vie,
et pourtant, il me semble avoir vécu avec toi les aventures les plus palpitantes, relevé les défis les plus inattendus,
côtoyé des situations incroyables, que bien des hommes sur cette terre n’ont jamais connues. Et ce n’est pas fini !
Dis, tu vas m’accompagner encore quelque temps, n’est-ce pas ?
-« … »
-« OK, c’est comme tu voudras, comme tu le décideras… Je te fais juste part de mon souhait :
j’aimerais bien que nous continuions le chemin ensemble le plus longtemps possible… »
-« … »
-« Comment ça, ça ne dépend que de moi ? Mais… Je ne sais pas… Je n’ai rien fait jusqu’à maintenant…
Comment dois-je faire pour te garder intacte ? Pour que tu restes, que tu ne m’abandonnes pas ? »
-« … »
-« OK, je me pose trop de questions inutiles… Tu ne m’en demandes pas tant…
Oui, sans doute, je me sers trop de cet organe qui est dans ma tête et qui m’encombre parfois…
Mais que veux-tu, je suis un homme, avec sa raison… ! D’accord, j’arrête de vouloir prendre la main sur toi.
Ne t’inquiète pas, je ne viendrai plus t’embêter à ce sujet…
Et d’ailleurs, quelle importance d’avoir ces réponses à toutes ces questions ?
Autant se contenter de ce qu’on a et le vivre pleinement !
Quant aux curieux avides de vouloir tout comprendre, tout expliquer, je vais me débrouiller,
trouver un bricolage d’argumentaire, le minimum.
Et puis comme souvent ils veulent avoir le dernier mot, presque me donner des leçons sur ce qu’il m’arrive,
je ferai « oui » de la tête, je confirmerai en tous points leurs positions, j’afficherai une mine conciliante et éclairée…
Et au fond de moi, tout au fond de moi, je sourirai en savourant ma liberté,
dans ma petite sphère à l’abri des regards et des volontés
de compréhension obstinées, oui, celle-là même où tu niches, là en moi, inatteignable… »
-« … »
-« Oh oh, je crois que tu as une soudaine envie d’écrire, toi, est-ce que je me trompe ? J’arrive !
Je prends une feuille, de quoi écrire…
Voilà, je suis prêt, je t’écoute… »

***
V.V.T. : Wahou! et bien en voila une révélation sur « La machine à créer » vue par Valérie Bonenfant!
C’est très riche d’enseignement, comme pour tous ceux qui sont des créatifs!…
Merci Valérie pour ce cadeau de Noël ! et Bon Anniversaire!!!…

Nous, on se retrouve l’année prochaine!… ;))